Drame de Ntsoralé : Au-delà du crime, le procès d'un système et de la vindicte populaire

Publié le 10 juillet 2026 à 10:07

Le drame secoue la localité de Ntsoralé et l'ensemble des Comores.

Une femme est accusée d'avoir commis l'innommable : jeter son nouveau-né vivant dans une fosse. Si les faits sont avérés, l'acte est d'une gravité absolue. Pourtant, derrière l'horreur de ce geste, se cache une réalité sociétale complexe qui pointe du doigt les failles béantes de l'État.

L’absence d’accouchement sous X : la responsabilité de l’État

Comme explique, le journaliste Toufé, des grossesses non désirées, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Face à cette réalité, le bon sens commanderait que l'État comorien propose des alternatives protectrices. En l'absence de structures permettant d'accoucher sous X de manière anonyme et sécurisée, certaines femmes en détresse absolue se retrouvent acculées à des extrémités tragiques. Sans excuser le crime, la responsabilité de ce drame est donc partagée avec des institutions qui faillent à offrir un filet de sécurité social et médical.

On attend désormais de la ministre de la Promotion du genre qu'elle se saisisse de ce dossier pour que cette femme bénéficie de soins appropriés et d'une protection psychologique et physique adéquate sans ignorer son acte criminel.

Quand la justice populaire frappe les innocents de la diaspora

L'onde de choc ne s'est malheureusement pas arrêtée au crime initial. En réaction, des actes de justice populaire d'une rare violence ont éclaté : plusieurs maisons appartenant à la famille de l'accusée ont été incendiées.

Une double peine injustifiable : Ces habitations étaient le fruit de toute une vie de privations et de dur labeur pour des membres de la diaspora comorienne en France. Travailler dur à l'étranger pour bâtir un toit au pays, pour voir ses efforts réduits en cendres à cause du crime d'un tiers : l'injustice est totale.

 

La rigueur implacable de la justice doit désormais s'appliquer avec la même fermeté aux auteurs de ces incendies criminels. On ne répare pas un drame par le chaos. Il est temps que l'État de droit reprenne ses droits, tant pour punir le crime que pour protéger les innocents et moderniser nos institutions de santé.


____PH Captures sur net

Par FAHADI Said Mchinda

☆SORTV—La Voix de l’Est !

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