Au-delà d’une réussite, un appel à valoriser les compétences de nos villages

Publié le 2 juillet 2026 à 01:35

Mais au-delà de cette réussite individuelle, c’est une question de fond qui mérite aujourd’hui d’être posée : que faisons-nous des compétences que nos villages forment ?

Mohamed Nouzlat, originaire de Sima Oichili, a brillamment réussi sa soutenance et obtient officiellement son diplôme de sage-femme comme d'autres jeunes dans nos villes et villages.

La soutenance organisée devant un jury composé d’enseignants et de professionnels de santé s’est soldée par une brillante réussite, couronnée par l’obtention du diplôme de sage-femme avec la note de 17/20. Une performance qui récompense plusieurs années de travail, de persévérance et d’engagement.

Mais au-delà de cette réussite individuelle, c’est une question de fond qui mérite aujourd’hui d’être posée : que faisons-nous des compétences que nos villages forment ?

Chaque année, de nombreux jeunes issus de nos localités obtiennent des diplômes dans des secteurs essentiels comme la santé, l’enseignement, l’agriculture, l’ingénierie, le numérique, l’artisanat ou encore l’entrepreneuriat. Pourtant, une fois leurs études terminées, ils sont souvent contraints de quitter leur village faute de structures leur permettant d’exercer leur profession.


Il est temps de changer de perspective. Les communes et les villages pourraient faire de ces jeunes diplômés un véritable moteur de développement local en créant des structures communales ou intercommunales adaptées à leurs domaines de compétence. Ces espaces permettraient aux professionnels d’exercer leur métier tout en répondant aux besoins de la population.


Dans le secteur de la santé, par exemple, l’ouverture de cabinets ou de centres de soins de proximité où exerceraient des sages-femmes, des infirmiers ou d’autres professionnels contribuerait à rapprocher les services de santé des habitants.

Les femmes enceintes pourraient bénéficier d’un suivi régulier près de chez elles, limitant ainsi les déplacements fréquents vers l’hôpital El-Maarouf de Moroni pour les consultations de routine. Une telle organisation améliorerait l’accès aux soins tout en réduisant la pression sur les grands établissements hospitaliers.


La même logique pourrait s’appliquer à d’autres métiers : des ingénieurs pour accompagner les projets d’infrastructures, des informaticiens pour accélérer la transition numérique des administrations locales, des agronomes pour moderniser l’agriculture, des enseignants pour renforcer l’accompagnement scolaire ou encore des artisans pour développer l’économie locale.


Le développement de nos villages ne dépend pas uniquement des infrastructures, mais aussi de la capacité à retenir et à valoriser les talents qu’ils ont eux-mêmes contribué à former.

 

Chaque diplôme obtenu par un jeune de nos localités ne devrait pas être considéré comme une réussite individuelle seulement, mais comme une richesse collective et une opportunité de bâtir un avenir où les compétences servent d’abord le territoire qui les a vues naître.

 

 

Par FAHADI Said Mchinda

 

 

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